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09-06-2005 © LS
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Edito infoligues n°7

Toutes ces années de vie perdues …

Et si vous pouviez recommencer votre vie depuis le début, que changeriez-vous ?

N’avez-vous jamais eu le sentiment que vous aviez passé un peu trop temps à comprendre certaines choses, que vous aviez pris des risques inutiles, que votre vie serait assurément différente si vous aviez pu prédire un accident, la survenue d’une maladie, un comportement dommageable ? Les professionnels de santé publique se posent aussi ce type de questions. Ainsi, il est possible d’approcher statistiquement ces notions en parlant d’années potentielles de vie perdue. Elles représentent, par convention, le nombre d’année qu’un individu décédé avant l’âge de 70 ans n’a pas vécu. On peut affirmer, toutes choses égales par ailleurs, qu’un décès survenu avant l’âge de 70 ans est prématuré.

Pour le canton de Vaud en 2002, les hommes décédés prématurément ont totalisé 11’543 années de vie perdues et les femmes 7’106. Cette différence est essentiellement due aux maladies de l’appareil respiratoire, aux accidents de transports et aux suicides, plus fréquents chez les hommes.

Si on s’en tient aux maladies qui sont clairement attribuables à des comportements modifiables (soit les consommations à risque d’alcool, le tabagisme, l’alimentation inadéquate et le manque d’activité physique) nous retrouvons 35% à 45% des années de vie perdue, soit 4’600 années de vie perdues pour les vaudois en 2002, et 2’800 pour les vaudoises. Pour les économistes, la productivité marchande et domestique d’une année est évaluée à CHF 24’300.- pour un homme et à 25’200.- pour une femme. Ces chiffres moyens restent valables après l’âge de la retraite et tiennent compte du travail domestique des femmes. Ainsi, sur un plan cantonal et financier, ce ne sont pas moins de CHF 182’000’000.- qui ont été perdus en 2002 !

Nous avons toutes et tous quelque chose à gagner, tant individuellement que collectivement, à adapter nos comportements afin d’en limiter les conséquences néfastes et/ou fatales. J’affirme que nous pouvons améliorer les années qu’il nous reste à vivre. Nous pouvons gagner du terrain sur les années de vie perdues, nous pouvons gagner des années de vie en bonne santé. Il n’est jamais trop tard pour faire quelque chose pour soi, faire de l’amélioration de sa santé un projet, chacune et chacun à son échelle et à son rythme, et en retirer rapidement les bénéfices. On gagnera tous, individuellement et collectivement, à mieux connaître et mieux maîtriser notre consommation d’alcool, à ne plus fumer, à mieux manger et à bouger davantage, et cela rapidement et assurément. Il s’agit d’avoir plus de vie dès maintenant, chacun à sa vitesse et à son échelle. Mettons notre bien-être en projet, testons-le ! Testons NOTRE développement durable, à long terme !

Jean-Christophe Masson
Secrétaire général
Ligues de la santé